02.12.2009

L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot

19184385_jpg-r_160_214-b_1_CFD7E1-f_jpg-q_x-20091016_033111.jpgAvec: Romy Schneider, Serge Reggiani

Réalisateurs: Serge Bromberg et Ruxandra Medrea (France)

Année: 2009

Documentaire. Docu-fiction fascinant et très bien fichu qui retrace l'enfer sans jeu de mot de ce tournage qui n'aboutira jamais si ce n'est à l'épuisement de son acteur et de son réalisateur. Romy est sublime, Clouzot fou, Reggiani à bout de nerfs et tout le staff... perdu! Malheureusement beaucoup de participants ont aujourd'hui disparu mais les auteurs ont réussi à faire des interviews intéressantes et constructives. Le sujet passionnant d'un homme qui devient fou de jalousie fût finalement adapté par Chabrol avec Emmanuel Béart et François Cluzet, de manière beaucoup plus conventionnelle que l'aurait pu l'être le film de Clouzot qui devait révolutionner le cinéma.

Note: 9/10

03.11.2009

The Kid Stays in the Picture

1e2d132e6265d6b386b0bee3786c061a.jpgRéalisateurs: Brett Morgen, Nanette Burstein (EU)

Année: 2005

Documentaire. Film retraçant la vie époustouflante de Robert Evans, son irrésistible ascension puis sa chute… Acteur et ensuite producteur de Love Story, Le Parrain, Rosemary’s baby… Le commentaire est fait par l’impétrant soi-même aujourd’hui âgé de 75 ans qui nous raconte ses amis (J. Nicholson, R. Polanski), ses amours (multiples) etc… c’est tout simplement passionnant, quel homme!

Note: 9/10

22.10.2009

Fahrenheit 9/11

medium_18383368.jpgRéalisateur: Michael Moore (EU)

Année:  2004

Documentaire. De l'incontournable Michael Moore... bon alors... évidemment passionnant et terrifiant, rien qu'à voir la tête de benêt de Bush quand on lui apprend les attentats du 11 septembre, et bien incroyable mais vrai, il ne bouge pas, tétanisé, ne sachant que faire. Je vous passe les détails, c'est effectivement très instructif sur les relations plus que douteuses entre les familles Bush et Ben Laden, mais, et il y a un mais, Moore aurait gagné à être moins partisan et manipulateur (finalement lui aussi nous prend pour des cons dans une certaine mesure). Certes, c'est sa technique habituelle du rouleau compresseur, sans beaucoup de finesse. J'aurai préféré qu'il développe et explique toutes les informations dont il dispose plutôt que de s'appesantir sur une famille qui a perdu un enfant à la guerre, oui c'est affreux mais inévitable et il s'en sert pour jouer sur la corde sensible, de même lorsqu'il montre une série de clichés des Bush senior ou junior serrant la main de divers saoudiens: il n'est jamais mentionné le nom de ceux-ci (au contraire de tous les américains montrés dans le film), sont-ils tous des terroristes en puissance ou d'affreux hommes d'affaire cyniques ? On ne saura pas mais le principal est de le sous-entendre, de toute façon ils ont tous un turban et voilà. Bref, ce n'est pas un documentaire mais un film de propagande à quelques mois des élections. Pour finir sur le fait qu'il ait obtenu la Palme d'Or à Cannes, suis pas du tout d'accord, c'est dommage, Tarantino s'est servi de Cannes pour faire de la politique... et suis déçue, voilà! Car côté cinématographique, ce film n'a aucune qualité.

J'ajoute le commentaire d'Olivier M. suite à ma chronique:

"Pour le film de Moore, tu as un peu raison sur le ton propagandiste et militant de certaines interventions de Moore, mais tu ne soulignes pas la principale qualité du film, et sa force. Celle de rendre avec justesse le véritable visage de cette guerre, celle des bourrins américains engagés à Arab land qui finalement sombrent dans la déception et le chaos. De ces ex lycéens qui hier zonaient chez KFC ou au Mall du coin et qui se retrouvent à intervenir dans les foyers de ces femmes irakiennes, elles se faisant pipi dessus de peur, et eux tiraillés entre l'angoisse de tirer et la terreur de finir égorgés. C'est fort et terrible. Cynique. Rarement une guerre n'aura été aussi hypocrite et vaine, et aussi dévastatrice dans ce beau 21ème siècle et ses conflits civilisationnels. Aucun média à ma connaissance, ni anglais ni français ni autre, n'avait encore exprimé la dimension humaine et tragique de l'épisode Bush contre Saddam".

Note: 7/10

05.08.2009

Dans la peau de Jacques Chirac

medium_18614766.jpgAvec: Didier Gustin (voix), Jacques Chirac himself

Réalisateurs: Michel Royer et Karl Zéro (France)

Année: 2006

Documentaire. On peut reprocher le mélange des genres, le tir à vue sur une ambulance (il serait plus courageux de faire la même chose sur Sarko… ou Ségo!), la manipulation par des images choisies…tout ce que vous voudrez, mais on peut y répondre que ce docu - fiction a le mérite d’exister. Et le pire à dire c’est qu’on se fend la poire, oups pardon la pomme ! Et c’est justement là le hic, Chirac sympathique! Affreux mais c’est bien comme ça qu’il en est arrivé là, par contre la Bernadette, elle se prend pas pour la moitié d’une m…et ne s’en tire pas bien du tout au final. Donc c’est terrible, nous sommes tous des cons de voter pour un sagouin pareil, dommage que ce film n’arrive que maintenant… un peu facile tout ça. A voir tout de même. César meilleur documentaire 2007.

Note: 7/10

10.06.2009

10e chambre, instants d'audience

medium_18379372.jpgRéalisateur: Raymond Depardon (France)

Année: 2004

Documentaire. Film très intéressant mais il est dommage que l'on n'ait pas les verdicts des derniers prévenus, ceux qui apparaissent à la fin du film. Sans être sexiste, la majorité des prévenus sont des hommes (il n'y a qu'une seule femme artiste complètement déjantée) tandis que du côté juge-procureur ce sont des femmes. Les avocats sont étonnants de nullité, ce sont sûrement des avocats de permanence mais ça fait peur (mauvaise diction, vocabulaire déplorable et j'en passe). Le meilleur avocat est Maître Brémaud que j'ai souvent vu plaider au Tribunal Administratif pour les reconduites à la frontière (dans une vie antérieure, quand j'étais fonctionnaire, si, si) mais elle ne fait pas de permanence et est plutôt agressive, ce qui peut nuire à son client. Au final, un documentaire passionnant sur le quotidien de la justice et ces petits délits, leurs auteurs paumés parfois, sans remords surtout. A voir... très instructif.

Note: 8/10

18.03.2009

A Very British Gangster

18778592.jpgAvec: Dominic Noonan

Réalisateur: Donal McIntyre (GB)

Année: 2007

Documentaire. Fascinante cette plongée dans la pègre made in Manchester. Sauf que là, on n'est plus chez Scorsese ou Coppola... et pourtant on s'y croirait. Mais tout est vrai et ça donne des frissons dans le dos. Impuissance de la police et surtout présence impressionnante de ce mafieux, Dominic Noonan. Il aura fallu trois ans au réalisateur pour mener à bien son entreprise et nous livrer un film passionnant. Grand Prix du Festival de Cognac. A voir.

Note: 8/10

11.11.2008

Un jour en septembre

medium_18461306.jpgRéalisateur: Kevin Macdonald (GB)

Année: 1999

Documentaire. Oscar du meilleur documentaire en 2000, à l'affiche en France en  2006 à l’occasion de la sortie de « Munich ». Commence en soulignant l’enjeu pour la délégation israélienne de participer à ces jeux, les derniers organisés par l’Allemagne ayant été ceux de Berlin en 1936, et puis le drame et l’incroyable inefficacité des services de police allemand (séquence hallucinante de cet ancien responsable rigolant à une scène cocasse selon lui, avec le recul comme il dit, on en reste scié). L’ancien responsable du Mossad était lui-même sidéré par leur inexpérience. Minutieux, éclairant, implacable, ce documentaire doit aussi son grand intérêt aux interviews des « acteurs » : forces de police, responsables politiques et surtout celle du seul terroriste survivant, on est presque soulagé qu’il n’ait pas été tué afin de retranscrire non pas ses regrets, il n’en a point, mais leur état d’esprit les ayant mené à cet acte. Salutaire.

Note: 10/10

30.07.2008

Valse avec Bachir

18947036.jpgAvec: Ari Folman, Ori Sivan,

Réalisateur: Ari Folman (Israël, France, Allemagne)

Année: 2008

Documentaire / Animation / Guerre. Un coup de poing dans le ventre, voilà ce que l'on ressent en sortant de la séance. Un docu-animé sur la guerre du Liban et en effet, il semble que c'était la seule manière de traiter ce sujet. Aucune fausse note, les images sont très bien traitées, le sujet amené intelligemment, l'absurdité de la guerre explose dans ce quotidien de soldats à peine sortis de l'adolescence. Rien à Cannes, c'est étonnant, la faute à Satrapi? J'ai bien aimé Persépolis mais là je dis quelle conne, passer à côté d'un tel film! A voir absolument... en étant en forme!

Note: 10/10

13.02.2008

Litivinenko: empoisonnement d'un ex-agent du KGB

351ff3db57c3d2acb916554edb8fca88.jpgRéalisateur: Andreï Nekrassov (Russie)

Année: 2008

Documentaire. Film retraçant les événements ayant mené à l'assassinat de Litivinenko à Londres en novembre 2006. Malgré les risques qui peuvent peser aujourd'hui sur lui, Nekrassov a réalisé ce documentaire à charge contre le KGB et les dirigeants qui en sont issus. Malheureusement le propos est brouillon, l'image affreuse, le montage foutoir et c'est vraiment dommage car ces défauts majeurs plombent le propos et collent une bonne migraine au spectateur. Reste un homme mort d'avoir dit la vérité, rien que pour cela il faut voir ce documentaire édifiant dans son courage de dénoncer les méthodes employées par le FSB et Poutine. Nécessaire.

Note: 7/10

01.09.2007

Le Plafond de verre

medium_37199.jpegRéalisatrice: Yamina Benguigui (France)

Année: 2006

Documentaire. Film ayant pour sujet la difficulté d’accès à l’emploi des jeunes issus de l’immigration. Sujet ambitieux et déroulé au fil des interviews de ces jeunes désemparés, pour la plupart surdiplômés et avant tout surpris de ces nombreux refus. Et oui, ils ont pourtant suivi le schéma enseigné depuis tout petits : travailler pour réussir, ils ont bossé à fond, obtenu des diplômes pour finalement se sentir trahis. Les témoignages sont émouvants et variés. Sont aussi interrogés des associations (dont une très bien), des patrons et…des DRH, et c’est là que le bât blesse. Autant les quelques patrons, dont Pinault, y vont franco, comprennent le problème et n’ont pas peur d’en parler (en parlant même de favoritisme au « franco-camemberts »), autant les DRH (que des hommes je souligne au passage) tiennent une langue de bois et sont tout simplement mauvais. Seul bémol : on aurait souhaité qu’à l’occasion de l’interview de ceux qui y sont arrivé, il y ait aussi la participation de leurs employés pour voir comment ils prennent le fait d’être dirigés par un black par exemple (cas d’un magasin But dans le film). Nécessaire et fortement recommandé.

Note: 8/10

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